Tout le monde sait que les mariages juifs ont lieu sous une ‘houppa, souvent à ciel ouvert. Mais aucune des personnes que j’interroge ne semble savoir pourquoi. Y a-t-il une raison à cela ?
Depuis quand l’utilisons-nous ?
Le mot ‘houppa apparaît déjà dans la Bible, bien qu’il désignât alors un dais ou une chambre réservée à la mariée ou au marié avant le mariage.1 Plus tard, à l’époque de la Michna, le mot ‘houppa en vint à désigner le mariage lui-même.2 Et depuis environ cinq cents ans, le mot ‘houppa désigne le dais traditionnel fait d’une étoffe soutenue par quatre montants, ainsi que la cérémonie qui se déroule sous celui-ci.
Le double sens de la ‘houppa
Un mariage juif est l’union sublime de deux âmes, mais c’est aussi un acte juridique complexe par lequel les futurs époux prennent un engagement mutuellement contraignant. De nombreux éléments du mariage revêtent à la fois une dimension juridique et une dimension spirituelle.
La ‘houppa en tant que lieu
Sur le plan juridique, la fonction de la ‘houppa est de conduire la mariée et le marié dans un lieu spécialement désigné (à l’apparence particulière3 ) expressément destiné au mariage, réalisant ainsi l’étape du mariage appelée nissouïne.4
La ‘houppa a revêtu diverses formes au fil des millénaires.
Par exemple, à une certaine époque, la coutume était de construire une structure semblable à une cabane, faite de fleurs et de myrte, qui servait de ‘houppa sous laquelle le mariage était célébré.5
La ‘houppa en tant qu’acte
Selon d’autres sources halakhiques, un acte manifestant l’intention de faire de la mariée son épouse suffit à satisfaire l’exigence juridique.
Une coutume s’est donc développée consistant à draper les futurs époux d’une étoffe ou d’un talit6 pendant la bénédiction de la cérémonie du mariage. Cette pratique se fonde sur la demande adressée par Ruth à Boaz7 de « déployer [le pan de son] vêtement sur [sa] servante ».8
Une autre pratique consistait à ne couvrir que la mariée d’un voile,9 conformément à l’ancien usage rapporté pour la première fois dans la Bible au sujet du mariage de nos ancêtres Its’hak et Rivka : « Elle prit le voile et se couvrit. »10
La ‘houppa traditionnelle
Aux alentours du XVIe siècle, et peut-être un peu plus tôt, apparut la coutume actuelle de se marier sous un dais d’étoffe soutenu par quatre montants,11 qui tient lieu de pièce spécialement désignée – avec quatre ouvertures12 – dans laquelle le marié invite son épouse.13
Cela réunit à la fois la « ‘houppa comme lieu spécialement désigné » et la « ‘houppa comme acte particulier » (puisque le couple est couvert par une étoffe). La cérémonie sous le dais est également précédée du moment où le marié couvre la mariée d’un voile, de sorte que cet élément est lui aussi présent.14 Après leur mariage sous le dais, les époux s’isolent ensemble – encore une autre forme de ‘houppa.15
(Chaque élément est essentiel et ne doit pas être écarté. Le nouveau foyer juif doit, après tout, reposer sur les fondations les plus solides que puisse offrir la Torah.)
Pourquoi à l’extérieur ?
La coutume ashkénaze veut que, pour un premier mariage, la ‘houppa soit installée dehors, à ciel ouvert, afin de symboliser que le couple doit recevoir la bénédiction que D.ieu donna à notre patriarche Abraham : « Je multiplierai abondamment ta descendance comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer . . . »16 17
Sur le plan spirituel
Le dais soutenu par quatre montants forme une chambre dotée de quatre larges ouvertures, une de chaque côté.
Selon la tradition juive, Abraham et Sarah étaient si profondément attachés à la mitsva de hakhnassat or’him, l’accueil des invités, qu’ils construisirent une tente particulière ouverte de chaque côté. Ainsi, les invités pouvaient y entrer directement, quelle que fût la direction d’où ils venaient.
Lorsque les futurs époux posent les fondations de leur vie commune, ils le font sous un dais comportant quatre « ouvertures », symbole de leur engagement à bâtir un foyer qui perpétue cette tradition de bonté et de bienveillance.


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