1. Le mot mézouza signifie littéralement « montant de porte »

En hébreu biblique, le mot mézouza signifie « montant de porte ».1 Le verset qui nous enjoint d’écrire une mézouza est ainsi formulé : « Tu écriras [ces paroles] sur les mézouzot – les montants – de ta maison et à tes portes. »2 La littérature talmudique a appliqué ce terme au parchemin fixé au montant de la porte, et c’est encore ainsi que nous le désignons.

2. Elle est écrite à la main sur du parchemin

Une mézouza doit être écrite sur un parchemin fait à partir de la peau d’un animal casher. Le parchemin doit avoir été préparé expressément pour servir d’objet sacré. Les mots doivent être écrits à la main par un scribe expert, rompu aux subtilités de l’écriture et aux lois qui la régissent. Même l’encre et la plume sont spécialement confectionnées pour satisfaire aux prescriptions.

Une mézouza de haute qualité (photo: Rav Yossef Y. Rabin, Sofer)
Une mézouza de haute qualité (photo: Rav Yossef Y. Rabin, Sofer)

3. Elle contient le Chéma

Chaque parchemin de mézouza contient les deux premiers passages du Chéma. Le premier commence par le verset : « Écoute, ô Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un. »3 Ces deux passages contiennent l’instruction de D.ieu de fixer la mézouza : « Tu écriras [ces paroles] sur les montants de ta maison et à tes portes. »4

À lire : Le Chéma : la profession de foi quotidienne

4. Cha-daï est inscrit au verso

Au verso du parchemin, le scribe écrit l’un des noms de D.ieu : Cha-daï. Les trois lettres de ce nom forment un acronyme des mots hébraïques Chomer daltot Israël, « Gardien des portes d’Israël ». Si vous avez remarqué que les étuis de mézouza sont souvent ornés de la lettre chine, c’est parce que ce nom de D.ieu commence par un chine.

5. Elle nous a donné un code secret

Trois autres mots sont écrits au verso du parchemin : כוזו במוכסז כוזו. Cette suite de mots apparemment incompréhensible est constituée des trois noms de D.ieu qui apparaissent dans le verset du Chéma – Hachem Elokénou Hachem –, chaque lettre ayant été remplacée par la suivante dans l’alphabet hébraïque (par exemple, le youd est remplacé par un kaf, le par un vav, et ainsi de suite). Ces trois mots sont écrits au verso du parchemin, exactement à l’endroit où les noms correspondants de D.ieu figurent à l’intérieur du rouleau.

Ce type d’écriture, surnommé « écriture de mézouza », était souvent employé par les Juifs de Russie soviétique pour rédiger des lettres contenant des informations « compromettantes ».

6. L’étui peut être fait de n’importe quelle matière

Un étui de mézouza sert à protéger le parchemin, mais n’est pas exigé par la halakha. Il peut donc être fait de presque n’importe quelle matière, les plus courantes étant toutefois le métal, le bois, la céramique ou le plastique.

Les styles et les modèles ont évolué, et l’on trouve aujourd’hui de tout, depuis de simples tubes en plastique jusqu’à des étuis décoratifs confectionnés dans des matériaux exotiques et ornés de thèmes juifs populaires. Embellir une mitsva est certes une bonne chose, mais la priorité est d’investir dans la qualité du parchemin.

Mézouzas dans leurs étuis en vente
Mézouzas dans leurs étuis en vente

7. Une mézouza peut coûter cher

Le prix des parchemins de mézouza casher peut aller de nettement moins de 100 € à 200 €. La différence de prix dépend de la taille, de la qualité et du type d’écriture.

Puisque la moindre erreur peut rendre une mézouza non casher, il est essentiel de l’acheter auprès d’un scribe ou d’un revendeur digne de confiance. Il peut être judicieux de dépenser davantage pour un parchemin de meilleure qualité, réalisé avec plus de soin et de précision.

8. La mézouza est placée du côté droit

La mézouza est fixée sur le montant droit quand on entre dans la pièce. Pour la porte d’entrée, le côté droit se détermine toujours dans le sens de l’entrée. À l’intérieur de la maison, en revanche, le côté droit est déterminé par le sens d’ouverture de la porte. La pièce dans laquelle la porte s’ouvre est considérée comme la pièce principale, et la mézouza est placée sur le montant situé à droite lorsque l’on entre dans cette pièce.

L’emplacement correct de la mézouza se trouve au bas du tiers supérieur de l’encadrement. Autrement dit, mesurez la hauteur de l’encadrement et divisez-la par trois ; alignez ensuite le bas de la mézouza sur le point situé aux deux tiers de la hauteur du montant.

En cas de doute, il est recommandé de demander à un rabbin de venir chez vous afin de déterminer l’emplacement correct de la mézouza.

9. Elle est fixée en biais

Selon la tradition ashkénaze, la mézouza est légèrement inclinée, le haut de la mézouza pointant vers l’intérieur de la pièce et le bas vers l’extérieur. Dans les communautés séfarades, en revanche, la mézouza est fixée verticalement.

10. Il existe une bénédiction pour la fixer

Avant de fixer une mézouza (ou, si l’on en pose plusieurs, avant de fixer la première), on récite une bénédiction particulière :

Baroukh ata A-do-naï Élo-hénou Mélèkh haolam achère kidéchanou bémitsvotav vétsivanou likbo’a mézouza.

Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as ordonné de fixer une mézouza.

11. Toutes les pièces n’ont pas besoin d’une mézouza

Pour accomplir correctement la mitsva, chaque pièce de votre maison ou de votre bureau – à quelques exceptions près – doit avoir sa propre mézouza. Les pièces mesurant moins de 192 cm sur 192 cm (par exemple, un cagibi), les salles de bains ou les pièces dont l’entrée ne comporte pas deux montants et un linteau n’ont pas besoin de mézouza.

12. La plus grande mézouza du monde mesure plus d’un mètre

En 2010, des responsables ont fixé la plus grande mézouza casher du monde (parmi celles destinées à être installées dans un encadrement de porte) dans le hall d’entrée de l’aéroport Ben Gourion, en Israël. Le parchemin et son étui mesurent ensemble plus d’un mètre de long. Depuis, d’autres mézouzot encore plus grandes ont été installées ailleurs.

13. Elle doit être vérifiée deux fois par période de sept ans

Les mézouzot doivent être vérifiées par un scribe certifié deux fois par période de sept ans, afin de voir si elles ont été endommagées par les intempéries ou par des plis (qui peuvent provoquer des fissures dans les lettres), ou si d’autres défauts sont apparus. Certains font vérifier leurs mézouzot chaque année, pendant le mois hébraïque d’Eloul.

Le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, recommandait souvent aux personnes confrontées à des problèmes de santé ou à d’autres difficultés de faire vérifier leurs mézouzot (ainsi que leurs téfiline), afin de s’assurer que chaque parchemin était en bon état et que chaque mézouza était correctement placée sur le montant de la porte.

14. Elle confère une protection divine

Bien que toutes les mitsvot soient accomplies pour obéir au commandement de D.ieu, fixer une mézouza à l’entrée de votre maison a aussi pour effet de placer le foyer et ses habitants sous la protection divine. Comme l’enseigne le Talmud : « Un roi de chair et de sang demeure à l’intérieur [de son palais], tandis que ses serviteurs le gardent de l’extérieur. Chez D.ieu, en revanche, Ses serviteurs demeurent à l’intérieur [de leurs maisons], et Il les garde de l’extérieur. »5

À lire : Sécurité domestique, Quand les gardes d’Hadrien furent conquis par la mézouza

15. On embrasse la mézouza

Dans de nombreux foyers juifs, la tradition veut que l’on pose la main sur la mézouza en franchissant la porte, et certains embrassent ensuite la main qui l’a touchée. Certains ont également coutume d’habituer leurs jeunes enfants à embrasser la mézouza avant d’aller se coucher, afin de leur inculquer l’amour de D.ieu et de Ses commandements.

Lorsqu’on passe devant une mezouza, il est d’usage de la toucher, puis d’embrasser ses doigts
Lorsqu’on passe devant une mezouza, il est d’usage de la toucher, puis d’embrasser ses doigts

16. Ses lois figurent dans le traité Mena’hot

Étonnamment, aucun traité du Talmud n’est consacré aux lois de la mézouza. Les lois de la mézouza figurent en revanche – avec celles des tsitsit et des téfiline – dans le traité Mena’hot, qui traite des offrandes de farine apportées dans le Saint Temple. Pourquoi à cet endroit ? Les tsitsit comportent deux unités indépendantes (les fils blancs et le fil bleu de tekhelèt), les téfiline se composent de deux parties indépendantes (les téfiline de la tête et les téfiline du bras), la mézouza contient deux passages des Écritures, et l’offrande de farine comporte elle aussi des éléments indépendants : le vin, l’huile et la farine.


Apposer une mézouza à l’entrée de votre maison permet de proclamer et de rappeler notre foi, tout en symbolisant la vigilance protectrice de D.ieu. Pour plus d’informations, découvrez la mézouzasur notre mini-site, ou contactez le rabbin ‘Habad le plus proche, qui pourra vous aider à vous procurer de nouvelles mézouzot ou à faire vérifier celles que vous possédez déjà.